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1891

XV

Paul-Marie Verlaine

Chemise de femme, armure ad hoc Pour les chers combats et le gai choc, Avec, si frais et que blancs et gras, Sortant tout nus, joyeux, les deux bras,

Vêtement suprême, De mode toujours, C’est toi seul que j’aime De tous ses atours.

Quand Elle s’en vient devers le lit, L’orgueil des beaux seins cambrés emplit Et bombe le linge parfumé Du seul vrai parfum, son corps pâmé.

Vêtement suprême, De mode toujours, C’est toi seul que j’aime De tous ses atours.

Quand elle entre dans le lit, c’est mieux Encor : sous ma main le précieux Trésor de sa croupe frémit dans Les plis de batiste redondants.

Vêtement suprême, De mode toujours, C’est toi seul que j’aime De tous ses atours.

Mais lorsqu’elle a pris place à côté De moi, l’humble serf de sa beauté, Il est divin et mieux mon bonheur A bousculer le linge et l’honneur !

Vêtement suprême, De mode toujours, C’est toi seul que, j’aime De tous ses atours.

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XV · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove