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1881

XV

Paul-Marie Verlaine

On n’offense que Dieu qui seul pardonne. Mais On contriste son frère, on l’afflige, on le blesse, On fait gronder sa haine ou pleurer sa faiblesse,

Et c’est un crime affreux qui va troubler la paix Des simples, et donner au monde sa pâture, Scandale, cœurs perdus, gros mots et rire épais. Le plus souvent par un effet de la nature

Des choses, ce péché trouve son châtiment Même ici-bas, féroce et long communément. Mais l’Amour tout-puissant donne à la créature Le sens de son malheur qui mène au repentir

Par une route lente et haute, mais très sûre. Alors un grand désir, un seul, vient investir Le pénitent, après les premières alarmes. Et c’est d’humilier son front devant les larmes

De naguère, sans rien qui pourrait amortir Le coup droit pour l’orgueil, et de rendre les armes Comme un soldat vaincu, – triste de bonne foi. O ma sœur, qui m’avez puni, pardonnez-moi !

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XV · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove