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1888

XII

Paul-Marie Verlaine

Je te vois encore à cheval Tandis que chantaient les trompettes, Et ton petit air martial Chantait aussi quand les trompettes ;

Je te vois toujours en treillis Comme un long Pierrot de corvée Très élégant sous le treillis D’une allure toute trouvée ;

Je te vois autour des canons, Frêles doigts dompteurs de colosses. Grêles voix pleines de crés noms, Bras chétifs vainqueurs de colosses ;

Et je te rêvais une mort Militaire, sûre et splendide, Mais Dieu vint qui te fit la mort Confuse de la typhoïde…

Seigneur, j’adore vos desseins, Mais comme ils sont impénétrables ! Je les adore, vos desseins, Mais comme ils sont impénétrables !

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XII · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove