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1894

XI

Paul-Marie Verlaine

Oh ! tu n’es pas une savante Et je t’en félicite fort, Et je t’en loue et je t’en vante, Et qui me censure il a tort,

Car ta finesse toute nue Sans vains mots et sans gestes faux, Car ta ruse mieux qu’ingénue, Car ta rouerie aux plans nouveaux,

Car jusqu’à ta « méchanceté », Comme ces bons pantes-là disent, Nous défendent de leur bêtise… Ta méchanceté ? ta bonté !

Car ces vertus d’entre les tiennes, Me vont mieux, te vont mieux aussi, Bien qu’on n’en chante pas l’antienne, Que d’autres fleurant de moisi.

Ils disent encore, les gens, Que tu n’es pas intelligente, Eux, ce qu’ils sont intelligents, C’en est une chose touchante.

Il parait que tu ne comprends Pas les vers que je te soupire, Soit ! et cette fois je me rends ! Tu les inspires, c’est bien pire.

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