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1893

X

Paul-Marie Verlaine

Et maintenant, aux Fesses ! Je veux que tu confesses, Muse, ces miens trésors Pour quels – et tu t’y lies –

Je donnerais cent vies Et, riche, tous mes ors Avec un tas d’encors. Mais avant la cantate

Que mes âme et prostate Et mon sang en arrêt Vont dire à la louange De son cher Cul que l’ange…

O déchu ! saluerait, Puis il l’adorerait, Posons de lentes lèvres Sur les délices mièvres

Du dessous des genoux, Souple papier de Chine, Fins tendons, ligne fine Des veines sans nul pouls

Sensible, il est si doux ! Et maintenant, aux Fesses ! Déesses de déesses, Chair de chair, beau de beau,

Seul beau qui nous pénètre Avec les seins, peut-être, D’émoi toujours nouveau, Pulpe dive, aime peau !

Elles sont presque ovales, Presque rondes. Opales, Ambres, roses (très peu) S’y fondent, s’y confondent

En blanc mat que répondent Les noirs, roses par jeu, De la raie au milieu. Déesses de déesses !

Du repos en liesses, De la calme gaîté. De malines fossettes Aimai que des risettes,

Quelque perversité Dans que de majesté… ! Et quand l’heure est sonnée D’unir ma destinée

A Son Destin fêté, Je puis aller sans crainte Et bien tenter l’étreinte Devers l’autre côté :

Leur concours m’est prêté. Je me dresse et je presse Et l’une et l’autre fesse Dans mes heureuses mains.

Toute leur ardeur donne, Leur vigueur est la bonne Pour aider aux hymens Des soirs aux lendemains…

Ce sont les reins ensuite, Amples, nerveux qu’invite L’amour aux seuls élans Qu’il faille dans ce monde,

C’est le dos gras et monde, Satin tiède, éclairs blancs. Ondulements troublants. Et c’est enfin la nuque

Qu’il faudrait être eunuque Pour n’avoir de frissons, La nuque damnatrice, Folle dominatrice

Aux frisons polissons, Que nous reconnaissons. O nuque proxénète, Vaguement déshonnête

Et chaste vaguement, Frisons, joli symbole Des voiles de l’idole De ce temple charmant,

Frisons chers doublement !

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