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1893

VIII

Paul-Marie Verlaine

Cuisses grosses mais fuselées, Tendres et fermes par dessous, Dessus d’un dur qui serait doux, Musculeuses et potelées,

Cuisses si bonnes tant baisées Devers leur naissance et par là, Blanches plus que rose-thé, la Meilleure part de mes pensées,

Genoux, petites têtes d’anges Bouffis dans leur juste maigreur, Mollets bondis qui font fureur En des bas clairs craignant les fanges.

Pieds dressés pour te hausser jusque A ma taille pour t’embrasser, Moi, t’enlever et te placer Sur le lit, pieds très beaux que busque

La cheville de mol ivoire Et que parfume leur fraîcheur ; Doigts délicats, frêle rougeur Doucement fauve au talon, voire

Assez forte peau pour la marche, Mais quoi ! faut-il pas au cher corps Base solide et soutiens forts, Au cher corps qui garde mon Arche,

L’arche de crainte et de blandices Où j’entre, tous torts révolus, Comme on monterait au ciel. Pieds Divins, genoux fins, bonnes cuisses !

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VIII · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove