Skip to content
1891

VIII

Paul-Marie Verlaine

Que ton âme soit blanche ou noire, Que fait ? Ta peau de jeune ivoire Est rose et blanche et jaune un peu. Elle sent bon, ta chair, perverse

Ou non, que fait ? puisqu’elle berce La mienne de chair, nom de Dieu ! Elle la berce, ma chair folle, Ta folle de chair, ma parole

La plus sacrée ! – et que donc bien ! Et la mienne, grâce à la tienne, Quelque réserve qui la tienne, Elle s’en donne, nom d’un chien !

Quant à nos âmes, dis, Madame, Tu sais, mon âme et puis ton âme, Nous en moquons-nous ? Que non pas ! Seulement nous sommes au monde.

Ici-bas, sur la terre ronde, Et non au ciel, mais ici-bas. Or, ici-bas, faut qu’on profite Du plaisir qui passe si vite

Et du bonheur de se pâmer, Aimons, ma petite méchante, Telle l’eau va, tel l’oiseau chante, Et tels, nous ne devons qu’aimer.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
VIII · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove