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1891

VII

Paul-Marie Verlaine

Je suis plus pauvre que jamais Et que personne ; Mais j’ai ton cou gras, tes bras frais, Ta façon bonne

De faire l’amour, et le tour Leste et frivole, Et la caresse, nuit et jour, De ta parole.

Je suis riche de tes beaux yeux, De ta poitrine, Nid follement voluptueux, Couche ivoirine

Où mon désir, las d’autre part, Se ravigore Et pour d’autres ébats repart Plus brave encore…

Sans doute tu ne m’aimes pas Comme je t’aime, Je sais combien tu me trompas Jusqu’à l’extrême.

Que me fait, puisque je ne vis Qu’en ton essence, Et que tu tiens mes sens ravis Sous ta puissance ?

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VII · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove