Skip to content
1894

VI

Paul-Marie Verlaine

Le lieu des adieux (pas éternels), – la saison Dernière était au coin de la basse maison Toute rouge – la tuile et la brique y fourmillent (Vis-à-vis le gazon bordé de camomille)

Qui sert de local à des services divers. Là l’heure ayant sonné de son timbre pervers, Nous enjoignant de nous séparer tout de suite, Hélas ! avant qu’hélas ! tu ne prennes la fuite,

Je t’embrassais si fort que toi tu ne pouvais T’empêcher de rire aux éclats, et ne savais Pour lors me refuser un baiser sur la bouche, Un gros, frais, long baiser partagé, puis, farouche

Pour la forme – c’était presque en public, des yeux Pouvaient nous voir, malins, ou pis, officieux, Des langues bavardes, et quel scandale ! et leste, Cruellement, tu me quittais, instant céleste

Et diabolique, avec ces mots : « Je ne viens plus. » Car, sachant bien que tu viendrais, irrésolus Toutefois, mes désirs fous tantôt ivres d’ire Et de larmes, tantôt pleins d’espoir à ton dire,

Se souvenant de la chère intonation Et de la gentiment taquine intention, Me balançaient dans une fausse inquiétude, Jusqu’au lendemain, tendre amie au verbe rude.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
VI · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove