L’adultère, celui, du moins, codifié Au mépris de l’Église et de Dieu défié, Tout d’abord doit sembler la faute irrémissible : Tel un trait lancé juste, ayant l’enfer pour cible.
Beaucoup de vrais croyants, questionnés ici, Répondraient à coup sûr qu’il en doit être ainsi. D’autre part le mondain, qui n’y voit point un crime, Pour qui tous mauvais tours sont de bons coups d’escrime,
Rit du procédé lourd, préférant, affrontés, Tous risques et périls à ces légalités Abominablement prudentes et transies Entre des droits divers et plusieurs fantaisies,
Enfin trouve le cas boiteux, piteux, honteux. Le Sage, de qui l’âme et l’esprit vont tous deux, Bien équilibrés, droit au vrai milieu des causes, Pleure sur telle femme en route pour ces choses.
Il plaide l’ignorance, elle donc ne sachant Que le côté naïf, c’est-à-dire méchant, Hélas ! de cette douce et misérable vie. Elle plait et le sait, et ce qu’elle est ravie !
Mais son caprice tue, elle l’ignore tant ! Elle croit que d’aimer c’est de l’argent comptant, Non un fonds travaillant ; qu’on paie et qu’on est quitte, Que d’aimer c’est toujours : « qu’arriva-t-il ensuite ? »
Non un seul vœu qu'on tient jusqu’à la fin de nous. Et certes suscité, néanmoins son courroux Gronde le seul péché, plaignant les pécheresses Coupables tout au plus de certaines paresses
Et les trois quarts du temps luxurieuses point. Bête orgueil, intérêt mesquin, voilà le point, Avec d’avoir été trop ou trop peu jalouses. Seigneur, ayez pitié des âmes, nos épouses !
Cookies on Poetry Cove