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1881

V

Paul-Marie Verlaine

– Il faut m’aimer. Je suis ces Fous que tu nommais, Je suis l’Adam nouveau qui mange le vieil homme, Ta Rome, ton Paris, ta Sparte et ta Sodome, Comme un pauvre rué parmi d’horribles mets.

Mon amour est le feu qui dévore à jamais Toute chair insensée, et l’évapore comme Un parfum, – et c’est le déluge qui consomme En son flot tout mauvais germe que je semais,

Afin qu’un jour la Croix où je meurs fût dressée Et que par un miracle effrayant de bonté Je t’eusse un jour à moi, frémissant et dompté. Aime. Sors de ta nuit. Aime. C’est ma pensée

De toute éternité, pauvre âme délaissée, Que tu dusses m’aimer, moi seul qui suis resté !

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