Tu ne parles pas, ton sang n'est pas chaud,
Ton amour fécond reste solitaire.
L'abîme où tu vis libre est le cachot
Où se meurt depuis six mille ans la Terre.
Ton œil sans paupière et ton corps sans bras
Prêche vigilance et dit abstinence.
Tu planas jadis que les Ararats,
Confident serein du Déluge immense !
Tout puissant, tout fort, tout juste et tout saint,
Tu sauvas Jonas, tu sauvas Tobie,
Sauve notre cœur que le mal enceint,
Sauve-nous, Seigneur, et confonds l'Impie !