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1884

UN POUACRE

Paul-Marie Verlaine

Avec les yeux d’une tête de mort Que la lune encore décharne, Tout mon passé, disons tout mon remord Ricane à travers ma lucarne.

Avec la voix d’un vieillard très cassé, Comme l’on n’en voit qu’au théâtre, Tout mon remords, disons tout mon passé Fredonne un tralala folâtre.

Avec les doigts d’un pendu déjà vert Le drôle agace une guitare Et danse sur l’avenir grand ouvert, D’un air d’élasticité rare.

« Vieux turlupin, je n’aime pas cela. Tais ces chants et cesse ces danses. » Il me répond avec la voix qu’il a : « C’est moins farce que tu ne penses. »

« Et quant au soin frivole, ô doux morveux, De te plaire ou de te déplaire, Je m’en soucie au point que, si tu veux, Tu peux t’aller faire lanlaire. »

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UN POUACRE · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove