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1896

SOUVENIRS DE PRISON

Paul-Marie Verlaine

DEPUIS un an et plus je n’ai pas vu la queue D’un journal. Est-ce assez Bibliothèque bleue ? Parfois je me dis à part moi : « L’eusses-tu cru ?… » Eh bien, l’on n’en meurt pas. D’abord c’est un peu cru,

Un peu bien blanc, et l’œil habitueux s’en fâche. Mais l’esprit ! comme il rit et triomphe, le lâche ! Et puis, c’est un plaisir patriotique et sain De ne plus rien savoir de ce siècle assassin

Et de ne suivre plus dans sa dernière transe Cette agonie épouvantable de la France.

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