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1892

ROIS

Paul-Marie Verlaine

La myrrhe, l’or et l’encens Sont des présents moins aimables Que de plus humbles présents Offerts aux Yeux adorables

Qui souriront plutôt mieux A de simples vœux pieux. Le voyage des Rois Mages Certes agrée au Seigneur.

Il accepte ces hommages Et les tient en haut honneur ; Mais d’un pécheur qui s’amende Pour lui la gloire est plus grande.

Dans ce sublime concours D’adorations premières, Jésus goûtera toujours Davantage les prières

Des misérables et leur Garde un royaume meilleur. Les anges et les archanges Qui réveillent les bergers,

Voix d’espoir et de louanges Aux hommes encouragés, Priment dans l’azur sans voile La miraculeuse étoile…

Riches, pauvres, faisons-nous Néant devant toi, le Maître, De Ton saint nom seuls jaloux : Tu sauras bien reconnaître

Et magnifier les tiens, Riches, pauvres, tous chrétiens.

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