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1896

RÊVE

Paul-Marie Verlaine

JE renonce à la poésie ! Je vais être riche demain. A d’autres je passe la main : Qui veut, qui veut m’être un Sosie ?

Bel emploi, j’en prends à témoin Les bonnes heures de ballade, Où, rimaillant quelque ballade, Je passais mes nuits tard et loin.

Sous la lune lucide et claire Les ponts luisaient insidieux, L’eau baignait de flots gracieux Paris gai comme un cimetière.

Je renonce à tout ce bonheur Et je lègue aux jeunes ma lyre ! Enfants, héritez mon délire, Moi j’hérite un sac suborneur.

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RÊVE · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove