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1890

REDDITION

Paul-Marie Verlaine

Je suis foutu. Tu m'as vaincu. Je n'aime plus que ton gros cu Tant baisé, léché, reniflé Et que ton cher con tant branlé,

Piné — car je ne suis pas l'homme Pour Gomorrhe ni pour Sodome, Mais pour Paphos et pour Lesbos, (Et tant gamahuché, ton con)

Converti par tes seins si beaux, Tes seins lourds que mes mains soupèsent Afin que mes lèvres les baisent Et, comme l'on hume un flacon,

Sucent leurs bouts raides, puis mou, Ainsi qu'il nous arrive à nous Avec nos gaules variables C'est un plaisir de tous les diables

Que tirer un coup en gamin, En épicier ou en levrette Ou à la Marie-Antoinette Et cætera jusqu'à demain

Avec toi, despote adorée, Dont la volonté m'est sacrée, Plaisir infernal qui me tue Et dans lequel je m'évertue

À satisfaire ta luxure. Le foutre s'épand de mon vit Comme le sang d'une blessure… N'importe ! Tant que mon cœur vit

Et que palpite encor mon être Je veux remplir en tout ta loi, N'ayant, dure maîtresse, en toi Plus de maîtresse, mais un maître.

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