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1895

POUR UNE FÊTE

Paul-Marie Verlaine

Impériale, puisque Eugénie ! et très douce Puisqu'elle-même et très royale, puisque moi ! Sa colère est ma reine et sa loi c'est ma loi, Sa colère, et non son caprice, jamais roi !

Maintenant, pourquoi ces ires, que je repousse Comme il faut de mon cœur irritable pourtant, Trahiraient-elles d'un symptôme inquiétant Les rimes que je fais pour elle en cet instant ?

Est-ce sa faute ou de la mienne ? Ah, de la mienne ! On s'aime bien, on devrait être mien et tienne Au lieu de ce ménage à trois… dont le Soupçon, Le Soupçon et sa femelle la Jalousie,

Autre monstre accoudé sur la table choisie, Qu'il faut enfin chasser sans trop plus de façon.

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