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1895

POUR E…

Paul-Marie Verlaine

O la femme éternellement Bien-aimée ! Ô ma femme, ô sincèrement Estimée !

Ô ma femme, si gentiment Mieux famée Que ce vieux moi si méchamment, Bien-aimée,

Calomnié comme il le faut Par l'envie, Ô ma femme, dont le coeur vaut Trop ma vie,

Je me repens, tu le sais bien, À toute heure, À tout moment, de tout, de rien, Et me leurre

De l'espoir de voir pardonnés Les torts bêtes De mon cœur, noirs lacs sillonnés De tempêtes…

Mon cœur est tien, fichu cadeau, Seule amie, Mais ton cœur si bon et si beau Ne veut mie

Du mien. Ô si sincèrement Estimée… Ô la femme éternellement Bien-aimée !…

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