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1892

PÉNITENCE

Paul-Marie Verlaine

La luxure, ce moins terrible des péchés ; Ces deux pires de tous, l’Avarice et l’Envie ; La Gourmandise, abus risible de la vie ; Toi, Paresse, leur mère à tous, à ces péchés,

Et la Colère, presque belle en sa hideur, Avec de faux reflets d’héroïsme, on veut croire, Et l’Orgueil son grand frère à la gloire illusoire Et tous dans leur révolte horrible et leur hideur,

Pénitence, presque innocence tu les vaincs, Tu les poursuis, tu les arrêtes et les captes Sauvant les âmes, par l’excellence des actes, De l’Enfer et de ses milices que tu vaincs.

Oui, tu nous dictes et fait faire d’excellents Actes à cause de l’excellence des causes, Épanouissant, sur les épines, des roses Que la Prière après vient cueillir à pas lents,

Pénitence, du fond de mes crimes affreux, Luxure, orgueil, colère et toute la filière, J’invoque ton secours, Vertu particulière, Seule agréable à Dieu qui voit, mon cœur affreux.

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