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1895

OXFORD

Paul-Marie Verlaine

Oxford est une ville qui me consola, Moi rêvant toujours de ce Moyen Âge-là. En fait de Moyen Âge, on n'est pas difficile Dans ce pays d'architecture un peu fossile

À dessein, c'est la mode et qui s'en moque fault, Mais Oxford c'est sincère, et tout l'art y prévaut ; Mais Oxford a la foi, du moins en a la mine Beaucoup, et sa science en joyau se termine,

En joyau précieux, délicieux : les cieux Ici couronnent d'un prestige précieux L'étude et le silence exigés comme on aime, Et la sagesse récompense le problème,

La sagesse qu'il faut, cette douce raison Que la Cathédrale termine en oraison, Sous les arceaux romans qui virent tant de choses Et les rinceaux gothiques, fins d'apothéoses

De Saints mieux vénérés peut-être qu'on ne croit, Et mon cœur s'humilie et mon désir s'accroît De devenir et de redevenir, loin d'elle Cette cité glorieuse d'être infidèle,

Paris ! l'enfant ingrat qui s'imaginerait Briser les sceaux sacrés et tenir le secret — De devenir ou de redevenir la chose Agréable au Seigneur, quelle qu'en soit la cause,

Et par cela même être encore doux et fort, Ô toi, cité charmante et mémorable, Oxford !

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