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1895

MONNA ROSA

Paul-Marie Verlaine

Elle est seule au boudoir, En bandeaux d'or liquide, En robe d'or fluide, Sur fond blanc, dans le soir

Teinté d'or vert et noir. Un pot bleu japonise Délicieusement D'où s'élance gaiement

Dans l'atmosphère exquise Où l'âme s'adonise, Un flot mélodieux — Selon le rhythme juste —

De roses, chœur auguste ; Bouquet mélodieux, Aux conseils radieux ! Elle, belle comme elles,

Les roses, n'élit plus, Dans ses cheveux élus, Qu'une de ces fleurs belles Comme elle, et de ciseaux

Prestes, tels des oiseaux, La coupe ou, mieux, la cueille Avec le soin charmant D'y laisser joliment

La grâce d'une feuille Verte comme le soir Noir et or du boudoir… Ce pendant que persiste

La splendeur, à côté Du plumage bleuté, De l'orgueil qui s'attriste D'un paon jadis vainqueur

Aux jardins de ce cœur.

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MONNA ROSA · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove