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1866

Lassitude

Paul-Marie Verlaine

De la douceur, de la douceur, de la douceur ! Calme un peu ces transports fébriles, ma charmante. Même au fort du déduit parfois, vois-tu, l'amante Doit avoir l'abandon paisible de la sœur.

Sois langoureuse, fais ta caresse endormante, Bien égaux tes soupirs et ton regard berceur. Va, l'étreinte jalouse et le spasme obsesseur Ne valent pas un long baiser, même qui mente !

Mais dans ton cher cœur d'or, me dis-tu, mon enfant, La fauve passion va sonnant l'olifant !… Laisse-la trompetter à son aise, la gueuse ! Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main,

Et fais-moi des serments que tu rompras demain, Et pleurons jusqu'au jour, ô petite fougueuse !

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Lassitude · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove