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1869

L'ENTERREMENT

Paul-Marie Verlaine

Je ne sais rien de gai comme un enterrement ! Le fossoyeur qui chante et sa pioche qui brille, La cloche, au loin, dans l'air, lançant, son svelte trille, Le prêtre, en blanc surplis, qui prie allégrement,

L'enfant de chœur avec sa voix fraîche de fille, Et quand, au fond du trou, bien chaud, douillettement, S'installe le cercueil, le mol éboulement De la terre, édredon du défunt, heureux drille,

Tout cela me paraît charmant, en vérité ! Et puis, tout rondelets sous leur frac écourté, Les croque-morts au nez rougi par les pourboires, Et puis les beaux discours concis, mais pleins de sens,

Et puis, cœurs élargis, fronts où flotte une gloire, Les héritiers resplendissants !

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