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1884

L’AUBERGE

Paul-Marie Verlaine

Murs blancs, toit rouge, c’est l’Auberge fraîche au bord Du grand chemin poudreux où le pied brûle et saigne, L’Auberge gaie avec le Bonheur pour enseigne. Vin bleu, pain tendre, et pas besoin de passeport.

Ici l’on fume, ici l’on chante, ici l’on dort. L’hôte est un vieux soldat, et l’hôtesse, qui peigne Et lave dix marmots roses et pleins de teigne, Parle d’amour, de joie et d’aise, et n’a pas tort !

La salle au noir plafond de poutres, aux images Violentes, Maleck Adel et les Rois Mages, Vous accueille d’un bon parfum de soupe aux choux. Entendez-vous ? C’est la marmite qu’accompagne

L’horloge du tic-tac alléger de son pouls. Et la fenêtre s’ouvre au loin sur la campagne.

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