Skip to content
1891

IX

Paul-Marie Verlaine

Tu m’as frappé, c’est ridicule, Je t’ai battue et c’est affreux : Je m’en repens et tu m’en veux. C’est bien, c’est selon la formule.

Je n’avais qu’à me tenir coi Sous l’aimable averse des gifles De ta main experte en mornifles, Sans même demander pourquoi.

Et toi, ton droit, ton devoir même, Au risque de t’exténuer, Il serait de continuer De façon extrême et suprême…

Seulement, ô ne m’en veux plus, Encore que ce fût un crime De t’avoir faite ma victime… Dis, plus de refus absolus,

Bats-moi, petite, comme plâtre, Mais ensuite viens me baiser, Pas ? quel besoin d’éterniser Une querelle trop folâtre.

Pour se brouiller plus d’un instant, Le temps de nous faire une moue Qu’éteint un bécot sur la joue, Puis sur la bouche en attendant

Mieux encor, n’est-ce pas, gamine ? Promets-le-moi sans biaiser. C’est convenu ? Oui ? Puis-je oser ? Allons, plus de ta grise mine !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
IX · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove