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1881

IV

Paul-Marie Verlaine

– Seigneur, c'est trop ? Vraiment je n'ose. Aimer qui ? Vous ? Oh ! non ! Je tremble et n’ose. Oh ! vous aimer je n’ose, Je ne veux pas ! Je suis indigne. Vous, la Rose Immense des purs vents de l’Amour, ô Vous, tous

Les cœurs des saints, ô vous qui fûtes le Jaloux D’Israël, Vous, la chaste abeille qui se pose Sur la seule fleur d’une innocence mi-close, Quoi, moi, moi, pouvoir Vous aimer. Êtes-vous fous

Père, Fils, Esprit ? Moi, ce pécheur-ci, ce lâche, Ce superbe, qui fait le mal comme sa tâche Et n’a dans tous ses sens, odorat, toucher, goût, Vue, ouïe, et dans tout son être – hélas ! dans tout

Son espoir et dans tout son remords que l’extase D’une caresse où le seul vieil Adam s’embrase ?

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