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1891

IV

Paul-Marie Verlaine

De plus, cette ignorance de Vous ! Avoir des yeux et ne pas vous voir, Une âme et ne point vous concevoir. Un esprit sans nouvelles de Vous !

O temps, ô mœurs qu'il en soit ainsi, Et que ce vase de belles fleurs, Qu'un tel vase, précieux d'ailleurs, De la plus belle se passe ainsi !

Religion, unique raison, Et seule règle et loi, piété, Rien, là, de vous n'a jamais été, Pas un penser juste, une oraison !

Aussi cette ignorance de tout ! Et de soi-même, droits et devoirs Et des autres, leurs justes pouvoirs, Leur action légitime et tout !

Jusqu'à méconnaître en moi quel nom, Quel titre augural et de par Dieu ! Et six ans passés à plaire à Dieu, Vertu réelle, effort bel et bon !

Jusqu'à ne pas se douter vraiment Du tour affreux et plus que cruel Qu'un sot grief, à peine réel, Inflige à ses revanches vraiment.

Éclairez ces ténèbres de mort, C'est votre créature après tout. L'ignorance invincible l'absout. Bah ! claire et bonne lui soit la mort.

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