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1888

IV

Paul-Marie Verlaine

Ma cousine Élisa, presque une sœur aînée Mieux qu’une sœur, ô toi, voici donc ramenée La saison de malheur où tu me quittas pour Ce toujours, – ce jamais ! Le voici de retour

Le jour affreux qui m’a sevré de l’aile douce Où m’abriter contre tel chagrin de Tom Pouce, Tel bobo. Certes oui, pauvre maman était Bien, trop ! bonne, et mon cœur à la voir palpitait,

Tressautait, et riait, et pleurait de l’entendre. Mais toi, je t’aimais autrement, non pas plus tendre, Plus familier, voilà. Car la Mère est toujours Au fond redoutée un petit et respectée

Absolument, tandis qu’à jamais regrettée, Tu m’apparais, chère ombre, ainsi qu’en ton vivant, Blonde et rose au profil pourtant grave et rêvant Avec de beaux yeux bleus où s’instruisait mon âme

De tout petit garçon, et plus tard, où la flamme De ma forte amitié chaste d’adolescent Puis d’homme mettait un reflet incandescent. Et tu me fus d’abord guide puis camarade,

Puis ami, non amie (une nuance fade). Et tu dors maintenant après m’avoir béni. Mais je sens bien qu’en moi quelque chose est fini.

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