De toutes les douleurs douces Je compose mes magies ! Paul, les paupières rougies, Erre seul aux Pamplemousses.
La Folle-par-amour chante Une ariette touchante. C’est la mère qui s’alarme De sa fille fiancée.
C’est l’épouse délaissée Qui prend un sévère charme A s’exagérer l’attente Et demeure palpitante.
C’est l’amitié qu’on néglige Et qui se croit méconnue. C’est toute angoisse ingénue, Cest tout bonheur qui s’afflige :
L’enfant qui s’éveille et pleure, Le prisonnier qui voit l’heure, Les sanglots des tourterelles, La plainte des jeunes filles.
C’est l’appel des Inésilles, – Que gardent dans des tourelles De bons vieux oncles avares – A tous sonneurs de guitares.
Voici Damon qui soupire La tendresse à Geneviève De Brabant qui fait ce rêve D’exercer un chaste empire
Dont elle-même se pâme Sur la veuve de Pyrame Tout exprès ressuscitée, Et la forêt des Ardennes
Sent circuler dans ses veines La flamme persécutée De ces princesses errantes Sous les branches murmurantes,
Et madame Malbrouck monte A sa tour pour mieux entendre La viole et la voix tendre De ce cher trompeur de Comte
Ory qui revient d’Espagne Sans qu’un doublon l’accompagne. Mais il s’est couvert de gloire Aux gorges des Pyrénées
Et combien d’infortunées Au teint de lis et d’ivoire Ne fit-il pas à tous risques Là-bas, parmi les Morisques !…
Toute histoire qui se mouille De délicieuses larmes, Fût-ce à travers, des chocs d’armes, Aussitôt chez moi s’embrouille,
Se mêle à d’autres encore, Finalement s’évapore En capricieuses nues, Laissant à travers des filtres
Subtils talismans et philtres Au fin fond de mes cornues Au feu de l’amour rougies. Accourez à mes magies !
C’est très beau. Venez d’aucunes Et d’aucuns. Entrez, bagasse ! Cadet-Roussel est paillasse Et vous dira vos fortunes.
C’est Crédit qui tient la caisse. Allons vite qu’on se presse !
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