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1894

III

Paul-Marie Verlaine

Lourd comme un crapaud, léger comme un oiseau Exquis et hideux, l’art japonais effraie Mes yeux de Français dès l’enfance acquis au Beau jeu de la Ligne en l’air clair qui l’égaie.

Au cruel fracas des trop vives couleurs, Dieux, héros, combats, et touffus gynécées, Je préférerais, d’entre les œuvres leurs, Telles scènes d’un bref pinceau retracées.

Un pont plie et fuit sur un lac lilial, Un insecte vole, une fleur vient d’éclore, Le tout fait d’un trait unique et génial. Vivent ces aspects que l’esprit seul colore !

Si je blasonnais cet art qui m’est ingrat Et cher par instants, comme le fit Racine Formant son écu d’un cygne et non d’un rat, Je prendrais l’oiseau léger, laissant le lourd crapaud dans sa piscine.

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