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1891

III

Paul-Marie Verlaine

Voulant te fuir (fuir ses amours ! Mais un poète est bête), J’ai pris, l’un de ces derniers jours, La poudre d’escampette.

Qui fut penaud, qui fut nigaud Dès après un quart d’heure ? Et je revins en mendigot Qui supplie et qui pleure.

Tu pardonnas : mais pas longtemps Depuis la fois première Je filais, pareil aux autans, Comme la fois dernière.

Tu me cherchas, me dénichas ; Courte et bonne, l’enquête ! Qui fut content du doux pourchas ? Moi donc, ta grosse bête !

Puisque nous voici réunis, Dis, sans ruse et sans feinte, Ne nous cherchons plus d’autres nids Que ma, que ton étreinte.

Malgré mon caractère affreux, Malgré ton caractère Affreux, restons toujours heureux : Fois première et dernière.

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