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1881

II

Paul-Marie Verlaine

J’ai répondu : Seigneur, vous avez dit mon âme. C’est vrai que je vous cherche et ne vous trouve pas. Mais vous aimer ! Voyez comme je suis en bas, Vous dont l’amour toujours monte comme la flamme.

Vous, la source de paix que toute soif réclame, Hélas ! Voyez un peu tous mes tristes combats ! Oserai-je adorer la trace de vos pas, Sur ces genoux saignants d’un rampement infâme ?

Et pourtant je vous cherche en longs tâtonnements, Je voudrais que votre ombre au moins vêtît ma honte, Mais vous n’avez pas d’ombre, ô vous dont l’amour monte, O vous, fontaine calme, amère aux seuls amants

De leur damnation, ô vous toute lumière Sauf aux yeux dont un lourd baiser tient la paupière !

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