On finit par s’habituer
A la trahison de la femme :
La vie est faite de la trame
Qu’elle tisse pour nous tuer.
Après un temps d’apprentissage
On ne saurait plus s’en passer ;
D’abord on s’escrime à ruser,
Puis c’est la fatigue, – et l’usage.
La colère cède à l’ennui
Qui fait bientôt place à la presque
Indifférence moins grotesque
Que tel transport qui nous a nui.
Puis la confiance charmante
Revient, avec le correctif
D’à son tour se rendre fautif
Et de tromper aussi l’amante
Qui vous pardonne s’il lui plaît.
Mais tout cela c’est pitoyable !
Il n’y a guère que le diable
Pour profiter d’un jeu si laid.
Bah ! mieux vaudrait sans tant d’embage
Se fermer, sans plus biaiser,
Les yeux d’un mutuel baiser.
Car le plus fin c’est le plus sage.