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1894

I

Paul-Marie Verlaine

On finit par s’habituer A la trahison de la femme : La vie est faite de la trame Qu’elle tisse pour nous tuer.

Après un temps d’apprentissage On ne saurait plus s’en passer ; D’abord on s’escrime à ruser, Puis c’est la fatigue, – et l’usage.

La colère cède à l’ennui Qui fait bientôt place à la presque Indifférence moins grotesque Que tel transport qui nous a nui.

Puis la confiance charmante Revient, avec le correctif D’à son tour se rendre fautif Et de tromper aussi l’amante

Qui vous pardonne s’il lui plaît. Mais tout cela c’est pitoyable ! Il n’y a guère que le diable Pour profiter d’un jeu si laid.

Bah ! mieux vaudrait sans tant d’embage Se fermer, sans plus biaiser, Les yeux d’un mutuel baiser. Car le plus fin c’est le plus sage.

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