Skip to content
1894

I

Paul-Marie Verlaine

Ce livre est sûr de mal plaire Aux trop jeunes d’entre vous, Mais peut-être il sera doux A tel aussi que tolère

Son âge encor parmi nous. J’y formule mes idées En termes à point précis Pour les gens enfin rassis

Et las de choses tentées Dans un jadis indécis. De mots assez lapidaires Dans le cas de mon désir

J’aurais bien voulu saisir Et fixer en salutaires Sentences mon déplaisir Et mon plaisir devant telle

Ou telle chose à mon choix. Gœthe le fit, et je crois Pouvoir, son œuvre immortelle, La réduire en tapinois,

En sourdine, à ma manière Selon mon temps et mes us Et mes coutumes élus En forme d’avant-dernière

Ou dernière fin, sans plus… Le poète qu’il faut être Et que j’ai, dit-on, été (Le suis-je, dites, resté ?)

Craint de ne plus le paraître, – Cas terrible, en vérité ! – Dès qu’il se sent moins sincère Que par trop judicieux.

Las ! que c’est de tourner vieux ! La prudence est nécessaire : Qu’être dupe valait mieux !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
I · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove