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1870

I

Paul-Marie Verlaine

C’est l’extase langoureuse, C’est la fatigue amoureuse, C’est tous les frissons des bois Parmi l’étreinte des brises,

C’est, vers les ramures grises, Le chœur des petites voix. Ô le frêle et frais murmure ! Cela gazouille et susurre,

Cela ressemble au cri doux Que l’herbe agitée expire… Tu dirais, sous l’eau qui vire, Le roulis sourd des cailloux.

Cette âme qui se lamente En cette plainte dormante, C’est la nôtre, n’est-ce pas ? La mienne, dis, et la tienne,

Dont s’exhale l’humble antienne Par ce tiède soir, tout bas ?

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