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1895

I

Paul-Marie Verlaine

La jalousie est multiforme Dans sa monotone amertume : Elle est minime, elle est énorme, Elle est précoce, elle est posthume !

Méfiez-vous quand elle dort : C'est le tigre et non plus le chat. Elle mord bien quand elle mord, C'est le chien enragé ! Crachat,

Insulte, adultère à sa face L'affolent, et le sang ruisselle… Ou la laissent calme à sa place, Froide et coite comme pucelle

Elle prémédite des tours Pendables sous un air charmant Et les exécute toujours Affreusement, terriblement…

Nous ne sommes plus à des âges Pour nous piquer de ces folies : Ah ! bien mieux nous vaut être sages, Ayant eu nos fureurs… jolies !

Être jaloux, rien d'aussi sot ! Et j'efface à l'instant les vers D'un peu plus haut, vague tressaut, D'encor ce pire des travers.

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