Skip to content
1894

FRAGMENTS

Paul-Marie Verlaine

Te rappelleras-tu mes colères injustes ? Non, mais plutôt l'élan vers tes vertus augustes De toute ma pensée à l'entier dévouement Qui n'avait de bonheur qu'en l'agenouillement

Devant ta volonté pour moi douce et terrible Et toujours pour un bien, à la passer au crible, De l'accomplissement joyeux d'un ordre dur, Et toujours pour un bien et d'après un plan sûr,

Émané de ton âme et sorti de ta bouche. M'auras-tu pardonné mon front parfois farouche Et ma face effaré et mon geste perdu, Pensant combien frappé, de quels malheurs battu,

Abreuvé de quel fiel, par une providence Pleine d'oubli clément et d'exquise prudence, Je tombais dans tes bras divins qui m'ont sauvés ! Mais plutôt tu ressentiras ton cœur couvé

Par le mien et tu reverras plutôt ma vie Dépendant de la tienne avec point d'autre envie Que ne pas te déplaire ou te désobéir En quoi que ce pût être, et ne jamais faillir

à la devise confié à ton pur zèle, Vivante dans ton sang. Tout pour Elle et par Elle ! Et peut-être qu'alors quelques pleurs précieux, Glorieux témoignage, obscurciront tes yeux.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
FRAGMENTS · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove