Dis, sérieusement, lorsque je serai mort,
Plein de toi, sens, esprit, âme et dans la prunelle
Ton image à jamais pour la nuit éternelle ;
Au cœur tout ce passé tendre et farouche, sort
Divin, l'incomparable entre les jouissances
Immenses de ma vie excessive, ô toi, dis,
Pense parfois à moi qui ne pensais jadis
qu'à t'aimer, t'adorer de toutes les puissances
D'un être fait exprès pour toi seule t'aimer,
Toi seule te servir et vivre pour toi seule
Et mourir en toi seule. Et puis quand belle aïeule
Tu penseras à moi, garde-moi d'exhumer
Mes jours de jalousie et mes nuits d'humeur noire :
Plutôt évoque l'abandon entre tes mains
De tout moi, tout au bon présent, au chers demains,
Et qu'une bénédiction de la mémoire
M'absolve et soit mon guide en les sombres chemins.