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1894

FRAGMENTS

Paul-Marie Verlaine

Dis, sérieusement, lorsque je serai mort, Plein de toi, sens, esprit, âme et dans la prunelle Ton image à jamais pour la nuit éternelle ; Au cœur tout ce passé tendre et farouche, sort

Divin, l'incomparable entre les jouissances Immenses de ma vie excessive, ô toi, dis, Pense parfois à moi qui ne pensais jadis qu'à t'aimer, t'adorer de toutes les puissances

D'un être fait exprès pour toi seule t'aimer, Toi seule te servir et vivre pour toi seule Et mourir en toi seule. Et puis quand belle aïeule Tu penseras à moi, garde-moi d'exhumer

Mes jours de jalousie et mes nuits d'humeur noire : Plutôt évoque l'abandon entre tes mains De tout moi, tout au bon présent, au chers demains, Et qu'une bénédiction de la mémoire

M'absolve et soit mon guide en les sombres chemins.

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