Bonne simple fille des rues, Combien te préféré-je aux grues Qui nous encombrent le trottoir De leur traîne, mon décrottoir,
Poseuses et bêtes poupées Rien que de chiffons occupées Ou de courses et de paris, Fléaux déchaînés sur Paris !
Toi, tu m’es un vrai camarade Qui la nuit monterait en grade Et même dans les draps câlins Garderait des airs masculins,
Amante à la bonne franquette, L’amie à travers la coquette Qu’il te faut bien être un petit Pour agacer mon appétit.
Oui, tu possèdes des manières Si farceusement garçonnières Qu’on croit presque faire un péché (Pardonné puisqu’il est caché).
Sinon que t’as les fesses blanches De frais bras ronds et d’amples hanches Et remplaces ce que n’as pas Par tant d’orthodoxes appas.
T’es un copain tant t’es bonne âme, Tant t’es toujours tout feu, tout flamme S’il s’agit d’obliger les gens Fût-ce avec tes pauvres argents
Jusqu’à doubler ta rude ouvrage, Jusqu’à mettre du linge en gage ! Comme nous t’as eu des malheurs Et tes larmes valent nos pleurs
Et tes pleurs mêlés à nos larmes Ont leurs salaces et leurs charmes, Et de cette pitié que tu Nous portes sort une vertu.
T’es un frère qu’est une dame Et qu’est pour le moment ma femme… Bon ! Puis dormons jusqu’à potron- Minette, en boule et ron, ron, ron !
Serre-toi, que je m’acoquine Le ventre au bas de ton échine, Mes genoux emboîtant les tiens, Tes pieds de gosse entre les miens.
Roule ton cul sous ta chemise, Mais laisse ma main que j’ai mise Au chaud sous ton gentil tapis. Là ! nous voilà cois, bien tapis.
Ce n’est pas la paix, c’est la trêve. Tu dors ? Oui. Pas de mauvais rêve. Et je somnole en gais frissons, Le nez pâmé sur tes frisons.
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