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1895

FÉROCE

Paul-Marie Verlaine

Tu m'as vu mourant presque, Ou plutôt presque mort, Formant une arabesque De mon bras qui se tord,

Écarquillant des yeux De folie et de rêve, À soi-même odieux, Attendant qu'on les crève,

Balbutiant des sons Sans pouvoir les produire, Moi, chanteur de chansons, Sans pouvoir te les dire.

Je crois, on me l'assure, Que, douce, une pitié Te prit, non sans mesure, Puis, désapitoyé,

Ton cœur cria : C'est bien lui qu'il faut qu'on torture !

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FÉROCE · Paul-Marie Verlaine · Poetry Cove