Daignez souffrir qu'à vos genoux, Madame,
Mon pauvre cœur vous explique sa flamme.
Disparaissez, toute floraison cesse,
Et, loin de vous, s'établit la tristesse.
Je vous adore autant et plus que Dieu,
Et rien jamais n'éteindra ce beau feu.
Apparaissez, la verdure et les fleurs
Aux prés, aux bois, diaprent leurs couleurs.
Votre regard, profond et rempli d'ombre,
Me fait joyeux, s'il brille, et sinon, sombre.
Si vous voulez, Madame et bien-aimée,
Si tu voulais, sous la verte ramée,
Quand vous passez, je baise le chemin,
Et vous tenez mon cœur dans votre main.
Nous en aller, bras dessus, bras dessous,
Dieu ! Quels baisers ! Et quels propos de fous !
Seule, en son nid, pleure la tourterelle.
Las, je suis seul et je pleure comme elle.
Mais non ! Toujours vous vous montrez revêche,
Et cependant je brûle et me dessèche,
L'aube, au matin ressuscite les fleurs,
Et votre vue apaise les douleurs.
Et le désir me talonne et me mord,
Car je vous aime, ô Madame la Mort !