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1896

DÉCEPTION

Paul-Marie Verlaine

«SATAN de sort, Diable d’argent ! » Parut le Diable Qui me dit : L’homme intelligent Et raisonnable

Que te voici, que me veux-tu ? Car tu m’invoques Et je crois, l’homme tout vertu, Que tu m’évoques.

Or je me mets, suis-je gentil ? A ton service : Dis ton vœu naïf ou subtil ; Bêtise ou vice ?

Que dois-je pour faire plaisir A ta sagesse ? L’impuissance ou bien le désir Croissant sans cesse ?

L’indifférence ou bien l’abus ? Parle, que puis-je ? » Je répondis : « Tous vins sont bus, Plus de prestige,

La femme trompe et l’homme aussi, Je suis malade, JE VEUX MOURIR. » Le Diable : « Si C’est là l’aubade

Que tu m’offres, je rentre. En Bas. Tuer m’offusque. Bon pour ton Dieu. Je ne suis pas A ce point brusque. »

Diable d’argent et pas la mort ! Partit le Diable, Me laissant en proie à ce sort Irrémédiable.

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