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1895

DÉBUT D'UN RÉCIT DIABOLIQUE

Paul-Marie Verlaine

Les yeux de l'infini cette nuit étaient bleus, Mi-fermés, et versant aux nids déjà frileux Le rêve gazouilleur des nuits tièdes encore Et les derniers vents de l'été, berceau sonore,

Sur le ciel clair charmaient ces sommeils délicats. L'aurore est rouge d'incendie et de dégâts Comme un champ de bataille aux milliers d'agonies. Un lin pâle a bandé les étoiles ternies

Et la rosée est si comparable à des pleurs Que c'est des pleurs issus de mille yeux de douleurs D'encor tantôt et de bientôt, s'il faut en croire Le présage d'un horizon de moire noire

Et blanche sur lequel l'affreux rouge auroral…

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