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1896

CONTRE LES PARISIENNES

Paul-Marie Verlaine

I l faut enfin parler de la Parisienne Mieux que banalement Et lui dire sans fiel que dans la chose sienne Tout n’est pas qu’agrément.

Elle-même se dit point belle mais jolie Et par ce « jolie » elle entend Quelque chose de laid platement que pallie Un port de tête exorbitant

Et qu’émaillent des mots ressassés qu’elle vole Aux journaux finis d’achever, Avec, en sus, un tortillement trop frivole Des hanches pour faire… rêver.

La chlorose est son lot et ses cuisantes suites Et la tuberculose aussi, Aussi la fausse couche et ses péritonites, Aussi tous maux dans ces tons-ci…

Elle qui se prétend reine de l’élégance, C’est d’Angleterre, deux ou trois Ans après, qu’elle tire — et vêt d’extravagance Les modes, son goût et son choix.

Mais assez. Résumer sera faire œuvre pie. Total : C’est fade et polisson Et c’est bavard et c’est voleur comme une pie Et c’est putain comme chausson.

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