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1890

CHANSON POUR L…

Paul-Marie Verlaine

«ENFIN , après deux ans, je te revois » – et t’aime Pour de bon cette fois, A cause de ton corps d’abord, et surtout même, En raison de ta voix

Si bonne et si calmante et qui dicte des choses Paisibles à mon cœur Un peu cruel mais doux au fond telles aux roses Les épines et, sœur

Presque aimée à cause de ta gente sagesse A travers tant et tant De gaieté polissonne, et de cette largesse D’un cœur pourtant prudent,

Que ton cœur et mon cœur règnent donc sans consteste Sus notre vie à tous Les deux – et dès ce soir (ô jour, je te déteste !) Soyons-nous bons et doux !

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