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1890

BALLADE TOUCHANT UN POINT D’HISTOIRE

Paul-Marie Verlaine

ASSEZ qu’on – sinon plus qu’assez – Déplore avec désinvolture, Les uns mes « désordres » passés, Les autres ma Noce ! future ;

Mais tous joignent cette torture A leurs racontars déplaisants De me vieillir plus que nature : Je n’ai que quarante-trois ans.

J’ai mille vices, je le sais, Et connais leur nomenclature, Mais pas tous ceux qu’on a tracés. La pénible mésaventure !

Va-t-il falloir que je l’endure ? Oui, non sans maints ennuis cuisants. Or voici le cas de rupture : Je n’ai que quarante-trois ans.

J’aurai quelque jour un accès Contre cette littérature. Je jure alors, foi de Français ! De courre et nâvrer l’imposture,

Fût-ce au fond de l’Estramadure Ou vers le pôle aux froids jusants. Dilemme : « Surcharge ou râture ! » Je n’ai que quarante-trois ans.

Princes du pouf et de l’ordure, Sachez-l’, échotiers maldisants Que tente une poigne encor dure, Je n’ai que quarante-trois ans.

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