Les petits tambours de l'an deux,
Joyeux garçonnets hasardeux
Que les balles n'effrayaient guère
Ces tapins de la bonne guerre
Ne sont pas si morts qu'on le croit
Et dans la lutte qui s'accroît,
Iront frappant sur la peau d'âne.
Monsieur. Devinck, que l'on condamne
À se porter, las ! candidat
Avec l'impéri… al mandat
D'obéir à tous les ministres,
D'applaudir à tous les sinistres
Et d'approuver tous les chaos,
Regrette ses doux cacaos.
Je crains qu'Ollivier ne se blouse
En s'imaginant que la blouse
Et le paletot voteront
En faveur de son double front.
De nouveau Janus pourrait être
Désabusé, Morny, son maître,
Ne pouvant plus, du haut du ciel,
« Écarter », cette fois, Bancel.
Avant-hier, le dernier vestige.
Du temps si fécond en prestige
Qui vit Brumaire et Waterloo,
Vint de l'autre côté de l'eau
Poser mainte et mainte immortelle
À la grille devant laquelle
On est si fier d'être Français.
Coulez mes larmes, — sans excès !
Cependant les poètes rêvent
Et leurs chants ailés nous enlèvent
Dans les cieux immenses et clairs.
Ceinte de rayons et d'éclairs,
Voici venir l'œuvre du Maître
Dont l'éclat tournant nous pénètre
D'un tremblement religieux.
Le Poète prodigieux,
Cette fois encore, relève
Ceux que tient opprimés le glaive
Ou la loi des forts et, vengeant
L'Humanité, sur le méchant,
Fait luire, large éclair de haine,
Les trente-deux dents de Gwynplaine.