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1892

ASPERGES ME

Paul-Marie Verlaine

Moi qui ne suis qu’un brin d’hysope dans la main Du Seigneur tout-puissant qui m’octroya la grâce, Je puis, si mon dessein est pur devant sa face, Purifier autrui passant sur mon chemin.

Je puis, si ma prière est de celles qu’allège L’Humilité du poids d’un désir languissant Comme un païen peut baptiser en cas pressant, Laver mon prochain, le blanchir plus que la neige.

Prenez pitié de moi, Seigneur, suivant l’effet Miséricordieux de vos mansuétudes, Veuillez bander mon cœur, cœur aux épreuves rudes. Que le zèle pour votre maison soulevait.

Faites-moi prospérer dans mes vœux charitables, Et pour cela, suivant le rite respecté, Gloire à la Trinité durant l’éternité, Gloire à Dieu dans les cieux les plus inabordables,

Gloire au Père, fauteur et gouverneur de tout, Au Fils, créateur et sauveur, juge et partie, Au Saint-Esprit, de qui la lumière est sortie Par quel ainsi qu'une eau lustrale, mon sang bout,…

Moi qui ne suis qu’un brin d’hysope dans la main…

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