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1890

A RAOUL PONCHON

Paul-Marie Verlaine

VOUS aviez des cheveux terriblement ; Moi je ramenais désespérément ; Quinze ans se sont passés, nous sommes chauves Avec, à tous crins, des barbes de fauves.

La Barbe est une erreur de ces temps-ci Que nous voulons bien partager aussi ; Mais l’idéal serait des coups de sabres Ou même de rasoirs nous faisant glabres.

Voyez de Banville, et voyez Lecon- Te de Lisle, et tôt pratiquons leur con- Duite et soyons, tels ces deux preux, nature. Et quand dans Paris, tels que ces deux preux,

Nous irons, fleurant de littérature, Le peuple, ébloui, nous prendra pour eux.

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